Comment faire certifier votre niveau en anglais

Supposons que vous appreniez l’anglais depuis un moment déjà. Vous commencez à vous débrouiller dans cette langue et souhaitez l’intégrer dans un projet personnel, par exemple pour trouver du travail ou étudier dans un pays anglophone. C’est bien normal. Pour ce faire, il est indispensable de savoir communiquer sur vos compétences et, pourquoi pas, faire certifier votre niveau en anglais. Cet article vous aidera donc à évaluer précisément où vous en êtes et à choisir le test qui vous convient.

 

Pourquoi il est essentiel de connaître votre niveau d’anglais

C’est un problème que je vois chez nombre d’apprenants (de l’anglais ou de toute autre langue) : l’incapacité à évaluer leur niveau réel et à communiquer dessus.

Évidemment, c’est loin d’être facile : comment savoir où on est ? Par rapport à quoi se situer ? Selon quels critères ? Autant de paramètres qui rendent très complexe la réponse à une question pourtant simple : “Quel est votre niveau d’anglais ?”.
Nous allons voir que cela pose deux problèmes, intimement liés.

 

Une incapacité à communiquer sur vos capacités

Premier problème : nous ne mettons pas tous le même sens dans les mots que nous utilisons pour nous situer. Concrètement, qu’est-ce qu’un niveau intermédiaire ? Un niveau avancé ? Dur de le dire avec précision.

Résultat : vous risquez de vous retrouver dans des situations peu agréables, par exemple lors d’un entretien d’embauche.
Imaginez que vous soyez face à un recruteur, à qui vous dites avoir un niveau intermédiaire en anglais. De votre côté, cela signifie que vous savez vous exprimer dans cette langue et tenir une conversation simple, mais pas plus. Manque de chance, pour votre interlocuteur, cela veut plutôt dire que vous êtes capable de gérer des projets moyennement complexes et de rédiger des documents. S’il décide de tester vos capacités, il en conclura que vos compétences ne sont pas à la hauteur et vous sortirez de l’entretien déçu et frustré.

Et dans cette histoire, qui avait raison ? Vous, autant que le recruteur, car tout n’était qu’une question de point de vue.

Autrement dit, ce flou est à l’origine de nombreux malentendus, qui font qu’il est parfois difficile de s’entendre sur la question des compétences linguistiques. Et ne parlons même pas des niveaux “courant” et “bilingue”, qui mériteraient à eux seuls un article complet tant ils sont sujets à débat.

 

Un niveau d’anglais souvent surestimé ou sous-estimé

En plus d’avoir du mal à communiquer sur notre niveau, nous pouvons être tentés de le surestimer ou de le sous-estimer, en fonction de notre personnalité. C’est ainsi que j’ai pu voir de nombreuses personnes prétendre qu’elles avaient un niveau avancé dans une langue alors qu’elles avaient tout au plus un niveau intermédiaire. A l’inverse, j’ai vu d’autres apprenants rabaisser leurs compétences par manque de confiance en eux / elles.

Cela n’a rien de surprenant : si vous n’avez pas de grille claire, vous ne pouvez situer votre niveau que de manière vague et très subjective. Heureusement, une telle grille existe et, vous allez vite vous en rendre compte, elle vous simplifiera beaucoup la vie.

 

L’échelle du CECR, pour déterminer précisément votre niveau d’anglais

Cadre européen commun de référence pour les langues : de quoi s’agit-il ?

Le Cadre européen commun de référence sur les langues (CECRL ou CECR) est un document publié en 2001 par le Conseil de l’Europe pour harmoniser l’enseignement des langues en Europe. Il a entre autres l’immense avantage de proposer une échelle de six niveaux de maîtrise d’une langue. Je vous invite chaudement à l’adopter, pour les raisons suivantes :

  • Il s’agit d’une grille objective : elle se base sur des critères précis, donc vous serez en mesure de vous positionner de manière fiable, loin des vagues “débutant, intermédiaire, avancé” ou encore des “lu, écrit, parlé” qu’on voit encore trop souvent sur les CV;
  • Elle est complète : comme nous allons le voir, elle se base sur pas moins de cinq compétences de base. On est donc loin des tests de grammaire sous forme de QCM, qui ne mesurent finalement pas grand-chose.
  • C’est l’échelle la plus utilisée en Europe : même si tout le monde ne la connaît pas encore, vous pourrez tout de même l’utiliser auprès de nombreux interlocuteurs en France et dans tous les pays européens où elle est employée ;
  • Elle fonctionne pour l’anglais, mais pas uniquement : vous pouvez naturellement l’utiliser pour l’anglais, mais elle peut s’appliquer à n’importe quelle autre langue, comme le russe, l’espagnol ou le japonais.

J’espère vous avoir convaincu des bénéfices de l’échelle du CECR. Maintenant, passons aux niveaux de maîtrise.

 

5 compétences et 6 niveaux pour maîtriser l’anglais

Avant toute chose, je vous invite à consulter cette page sur le CECR, qui vous donnera toutes les informations dont vous avez besoin. Ici, je me contenterai de résumer les informations principales.

A présent, voici les cinq compétences que mesure l’échelle du CECR.

Les cinq critères pour évaluer votre anglais

  • Comprendre (écoute) : votre capacité à comprendre l’anglais à l’oral, quand on vous parle ou quand vous écoutez un enregistrement audio ;
  • Comprendre (lecture) : votre faculté à lire un texte et à en saisir le sens et les nuances ;
  • Parler (prendre part à une conversation) : vous devez être en mesure de participer à une conversation avec tout ce que cela implique d’imprévus ;
  • Parler (s’exprimer oralement en continu) : ici, on se concentre plutôt sur la construction d’un discours à l’oral, pour raconter un événement exprimer un point de vue ;
  • Écrire : le versant écrit, avec vos capacités rédactionnelles en anglais.

Vous l’aurez remarqué, cette grille est exhaustive et mesure toutes les compétences à mobiliser pour maîtriser l’anglais. En fonction de vos capacités, vous pourrez vous situer parmi six niveaux.

Les six niveaux de maîtrise

  • A1, niveau introductif ou de découverte : le niveau de base, qui vous permet de comprendre et d’exprimer des idées très simples liées à un environnement familier;
  • A2, niveau intermédiaire ou de survie : ici, vous commencez à pouvoir faire des descriptions et prendre part à des conversations sur votre environnement immédiat ;
  • B1, niveau seuil : les choses commencent à devenir intéressantes, car vous pouvez exprimer votre opinion sur des sujets variés et vous débrouiller dans la vie de tous les jours ;
  • B2, niveau avancé ou indépendant : on arrive à ce que l’on pourrait qualifier de niveau “courant”. Même si vous ne maîtrisez pas encore parfaitement l’anglais, vous pouvez prendre part à des conversations de manière spontanée et vous comprenez la majeure partie de ce que vous lisez ou entendez.
  • C1, niveau autonome : vous pouvez utiliser l’anglais dans toutes les situations ne présentant pas de difficultés particulières. Vous pouvez par exemple regarder un film sans effort ou rédiger un document professionnel.
  • C2, niveau maîtrise : félicitations, votre niveau s’approche de celui d’un locuteur natif de l’anglais. Vous êtes à l’aise dans toutes les situations, même professionnelles ou académiques, et en cas de difficulté (accent inconnu, hésitations lors d’une conversation), vous vous en tirez sans trop de mal.

Pour vous donner une idée, je considère (et ce n’est que mon avis) qu’on parle couramment une langue avec un bon B2 et qu’on peut se considérer (presque) bilingue avec un excellent C2.

Vous me demanderez sans doute combien de temps il faut pour atteindre chaque niveau. Difficile de vous donner une réponse précise, dans la mesure où tout dépendra de votre situation, de vos objectifs et du temps que vous pouvez accorder à votre projet.
Évidemment, plus un niveau est élevé, plus il est long à atteindre. Ainsi, vous mettrez beaucoup plus de temps à passer de B2 à C1 que de A1 à A2. Courage !

 

Que faire à présent ?

Pour connaître votre niveau d’anglais, référez-vous au site que je vous ai donné un peu plus haut. Pour chacune des cinq compétences (comprendre à l’oral et à l’écrit, parler en continu ou dans une conversation, écrire), il donne des exemples exhaustifs qui vous aideront à savoir où vous en êtes.
Surtout, ne trichez pas ! Vous n’avez absolument rien à gagner en “gonflant” votre niveau… sinon des ennuis ! De toute manière, dites-vous que si vous travaillez régulièrement votre anglais, votre niveau ne pourra aller qu’en s’améliorant.

 

Faire certifier votre niveau en anglais : les tests disponibles

En plus de l’auto-évaluation que je viens de vous proposer, vous pouvez passer un test qui vous permettra de connaître votre degré de maîtrise de l’anglais. Ce sera aussi l’occasion de repartir avec un précieux diplôme, que vous pourrez faire valoir à l’entrée d’une université ou en vue d’un entretien d’embauche.

Si vous souhaitez faire certifier votre niveau d’anglais, voici des pistes à creuser, en fonction de vos objectifs.

Note : les informations données dans cet article (prix, validité…) correspondent à celles en vigueur au début de l’année 2018 et peuvent être amenées à changer.

 

IELTS

Site officiel
Pour qui :
candidats à l’émigration ou à une université anglophone.
Tarif : 230€.
Validité : deux ans.

Proposé dans huit villes françaises, l’IELTS comprend quatre épreuves dont une orale face à un examinateur. Il vous permettra de faire valoir votre niveau pour intégrer une université, ou encore pour vous installer dans un pays anglophone.

L’examen est noté sur 9, avec un résultat de 4.0-5.0 correspondant à un niveau B1 et 8.5-9.0 à un niveau C2.

 

TOEFL

Site officiel
Pour qui : étudiants.
Tarif : 245 $
Validité : 2 ans.

Le TOEFL vous sera utile si vous souhaitez intégrer une université du monde anglophone ou un cursus universitaire demandant un bon niveau d’anglais. La formule iBT est divisée en quatre épreuves (compréhension orale, compréhension écrite, expression orale, expression écrite).

Il est noté sur 120, à vous de voir quel est le score demandé par l’université que vous visez. Pour information, un résultat de 42-71/120 correspond à un niveau B1 et 95-120/120 à un C1.

 

BULATS

Site officiel
Pour qui : professionnels.
Tarif : 70€
Validité : 2 ans.

Le Business Language Testing Service, comme son nom l’indique, s’adresse avant tout aux personnes souhaitant travailler dans une entreprise internationale. Il est disponible en trois versions : Listening & Reading, Speaking et Writing.

À noter que le BULATS est noté sur 100 et couvre l’ensemble de l’échelle du CECR : ainsi, un score de 10-19/100 correspond à un A1 et 90-100/100 correspond à un C2.

 

TOEIC

Site officiel
Pour qui : professionnels.
Tarif : 126 € (version Listening & Reading)
Validité : 2 ans

Sans doute le plus connu des tests pour les professionnels, il est proposé par la même société qui organise le TOEFL. La version de base nommée Listening & Reading vous met face à des exercices de compréhension orale et écrite. Il existe également une formule Speaking & Writing, qu’il est possible de passer en plus de la Listening & Reading. Les étudiants, militaires et demandeurs d’emploi ont droit à une réduction sur le prix de l’examen.

Le TOEIC Listening & Reading est noté sur 990 et le Speaking & Writing sur 400. Pour les équivalences avec les niveaux du CECR, c’est un peu compliqué, je vous invite donc à vous référer à ce document.

Pour aller plus loin, je vous recommande cet article : “Comment réussir son TOEIC”.

 

Examens d’anglais de Cambridge

Site officiel
Pour qui : étudiants et professionnels.
Tarif : de 148 € (PET) à 238 € (CPE).
Validité : à vie.

En plus du BULATS évoqué plus haut, l’université de Cambridge propose de nombreux tests pour faire certifier votre niveau d’anglais. Parmi ceux-ci, j’en ai sélectionné quatre qui seront susceptibles de vous intéresser, en fonction de votre niveau :

  • Preliminary (PET) : niveau B1, trois épreuves sur 2h20 ;
  • First (FCE) : niveau B2, quatre épreuves sur 3h30 ;
  • Advanced (CAE) : niveau C1, quatre épreuves sur 4h ;
  • Proficiency (CPE) : niveau C2, quatre épreuves sur 4h.

Chacun de ces tests teste votre maîtrise de la compréhension et de l’expression en anglais, à l’écrit comme à l’oral. Énorme avantage sur leurs concurrents : ils sont valables à vie, vous n’aurez donc pas à les repasser au bout de deux ans.

 

Mise en garde sur les diplômes d’anglais : leurs avantages et leurs limites

Avant de refermer cet article, un avertissement. La certification en langues (et notamment en anglais) est une énorme industrie, qui essaie de nous faire “croire” que les diplômes sont absolument indispensables. A ce sujet, deux remarques.

La précision des tests est limitée

Personnellement, je ne suis pas très scolaire et les examens et concours m’ont toujours beaucoup ennuyé. Soyez donc averti : les tests mesurent donc des compétences linguistiques dans un cadre très académique, qui n’est pas (forcément) celui du quotidien.

Le résultat ? Certaines personnes réussissent l’examen mais ont des difficultés à employer l’anglais dans leur vie sociale ou professionnelle. Même pour des choses très basiques. À l’inverse, d’autres avec un bon niveau d’anglais obtiennent un score décevant car le test ne correspond pas à leur manière de penser / communiquer. 

Un bon score ne fait pas tout

C’est un fait : bien maîtriser l’anglais vous ouvrira de nombreuses portes, que ce soit pour travailler dans une entreprise internationale ou vous installer à l’étranger.

Faire certifier votre niveau d’anglais est donc une option intéressante, mais c’est tout sauf une formule magique. La simple mention d’un 990 au TOEIC ne vous aidera pas forcément à décrocher un emploi.

Pour profiter au maximum de votre certification d’anglais, commencez par choisir celle qui vous correspond le mieux. Par exemple, ne passez pas le BULATS si votre objectif est d’intégrer une université britannique : le IELTS ou le TOEFL seront plus adaptés.

Ensuite, mettez-vous dans la tête de la personne que vous essaierez de convaincre. Demandez-vous par exemple ce que votre niveau d’anglais pourra apporter à l’entreprise que vous visez et argumentez dessus.

Donc devez-vous faire certifier votre niveau d’anglais ?

À vous de voir. L’échelle du CECR est suffisante pour déterminer avec précision votre degré de maîtrise. Si vous n’avez pas besoin de plus, ne vous embêtez pas à passer un test.

En revanche, si vous souhaitez démontrer une expertise en anglais ou si c’est obligatoire (par exemple pour certaines universités), un diplôme vous y aidera.

Autrement dit, si vous décidez de passer un test d’anglais, faites-le non pas parce que tout le monde le fait, mais parce que cela correspond à vos objectifs personnels. A vous de jouer.

Et si vous aimez cet article n’hésite pas à me le dire dans un commentaire ci-dessous :). 

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